Bien choisir son Executive MBA
Un Executive MBA représente
un engagement de 2 ans et une dépense considérable. Le choix du programme
compte donc davantage que la décision d'en faire un, et il se fait sur des
critères vérifiables, pas sur une brochure.
Ce que valent les classements
Les classements internationaux combinent des indicateurs pondérés : progression salariale des diplômés, diversité du corps professoral et des participants, recherche publiée, internationalisation, satisfaction.
Deux biais méritent d'être connus. La progression salariale dépend fortement du secteur d'origine des participants : un programme recrutant dans la finance affichera mécaniquement de meilleurs chiffres qu'un programme recrutant dans le secteur public ou associatif. Et les données sont déclarées par les établissements, à partir d'enquêtes dont le taux de réponse est rarement mis en évidence.
Un classement est donc utile pour situer un groupe d'écoles, et sans valeur pour départager deux voisines.
Les critères qui comptent réellement
La composition de la promotion, d'abord. C'est l'apport principal cité par les diplômés : on apprend autant des autres participants que des cours. Une promotion homogène (mêmes secteurs, mêmes fonctions, mêmes âges) réduit considérablement cet apport. Demander la répartition de la promotion précédente par secteur, fonction, ancienneté et nationalité est la question la plus utile à poser.
Le format ensuite : sessions mensuelles, semaines bloquées, week-ends, séminaires à l'étranger. Le bon format n'est pas le plus prestigieux, c'est celui qui est compatible avec le poste occupé et la vie familiale. Un programme abandonné en cours de route coûte tout et ne rapporte rien.
Les accréditations : AMBA, spécifique aux MBA, AACSB et EQUIS pour l'établissement. Et en France, l'inscription du titre au répertoire national des certifications professionnelles, publique et vérifiable gratuitement.
Le réseau d'anciens, enfin, non pas sa taille, mais sa présence dans le secteur visé et l'existence d'une animation réelle.

Les alternatives
L'Executive MBA n'est pas toujours la bonne réponse. Trois options méritent d'être comparées avant de s'engager.
Le mastère spécialisé, label de la Conférence des grandes écoles, dure un an et cible une expertise précise, finance, achats, systèmes d'information, immobilier. Il coûte nettement moins cher et convient à qui cherche une compétence plutôt qu'une trajectoire.
Les programmes courts pour dirigeants, de quelques jours à quelques semaines, sur un sujet déterminé. Ils n'ouvrent pas de réseau durable et répondent à un besoin ponctuel.
Le doctorate in business administration, enfin, pour ceux qui cherchent une dimension de recherche appliquée et une légitimité académique. Il est long et exigeant, et il s'adresse à un public différent.
Le financement
Trois voies se combinent : la prise en charge par l'employeur dans le cadre du plan de développement des compétences, généralement assortie d'une clause de dédit-formation qui engage à rester un certain temps ; les dispositifs de la formation professionnelle ; et le financement personnel, éventuellement par prêt.
Un point de négociation souvent oublié : la prise en charge peut être partielle et assortie d'aménagements de temps de travail, qui valent parfois davantage que l'argent.
Les conditions de réussite
Les abandons ne viennent presque jamais du niveau. Ils viennent de trois causes : une charge professionnelle qui augmente en cours de programme, un changement de poste, et l'absence de soutien de l'entourage.
Les participants qui terminent ont presque tous fait la même chose : ils ont posé le cadre avant de commencer, plages de travail bloquées dans l'agenda, accord explicite avec le supérieur, discussion honnête à la maison sur ce que 2 ans représentent. C'est cette préparation-là, plus que le choix de l'école, qui décide de l'issue.
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